top of page

Chercheurs de sens: serions-nous tous contraints à proposer de la thérapie?

2020, c'est le COVID. Nous sommes coincés chez nous, on le vit plus ou moins bien. On se retrouve en famille, en couple et face aux écrans. On fait nos réunions par zoom. On en fait peut-être moins aussi et on se rend compte que ça fonctionne, ça allège.


On se balade en forêt. On ne passe plus des heures dans les transports, on n'est pas pollué non plus par le vacarme d'un open space ou les bavardages des collègues qui n'ont bien souvent pas d'autre utilité que de combler le vide. Pour certains, c'est dramatique et je ne les vise vraiment pas dans l'introduction de cet article - comme dans le secteur des soins de santé, l'horeca, pour les indépendants ou les personnes enfermées avec un-e partenaire violent-e, et pour d'autres, les exécutants d'un emploi alimentaire sous CDI, c'est une bouffée d'oxygène car c'est l'occasion de faire les choses autrement, de ralentir, de mettre les priorités aux bons endroits: s'accorder du temps, nourrir sa quête de sens, revoir son projet professionnel, oser même lui donner des allures innovantes et alternatives.


Pas de surprise donc à ce que jaillissent dans la foulée des projets et des métiers à forte connotation vocationnelle. Des pépinières de sens, de l'intelligence collective, des accompagnements plus spirituels, des personnes qui abandonnent leur vie d'avant, des propositions originales qui rompent avec le connu et dont les contours ne sont pas toujours perceptibles à travers les titres, les expressions ou les slogans utilisés pour se présenter au monde.


Thérapie systémique


Bon ou mauvais? C'est surtout pour moi un révélateur d'un appel individuel et collectif à se connecter à ce qui se loge fondamentalement en nous. Une fois les masques délaissés et les rôles sociaux en mouvement, que reste-t-il?


Peut-être des personnes qui, s'étant rêvées jadis d'être ceci ou cela, n'en avaient rien fait et avaient choisi le "bon sens" ou le réalisme et qui, forcées par les circonstances, s'observent et actent tout ce que cela a pu générer comme type de vie de tous les jours, tout en prenant conscience qu'elles donnent beaucoup (trop!) de leur temps, de leur énergie, de leurs pensées à une entreprise qui n'est même pas la leur.


Quel serait le coût sur la santé et même sur les finances publiques de nos rêves avortés? On devrait peut-être se harsarder à se poser la question et stimuler l'audace, plutôt que de forcer au maintien dans des cases toutes faites, les personnes qui s'y sentent à l'étroit.


Toujours est-il que pour moi, ce que la crise COVID avait d'intéressant en terme de reconnexion à soi et de possibilités collectives, a vite été balayé par un retour à l'ancien. Comme une version moderne d'une vieille ombre qui remettrait au devant de la scène tout ce que les humains font de vraiment moche depuis des temps immémoriaux: la violence systémique avec pour corollaire son lot de conformismes.


Six ans plus tard c'est la douche froide. Ce début d'année 2026 me révulse. Les scandales pullulent, les libertés fondamentales et la solidarité s'étiolent, on met la pression sur les individus plutôt que de regarder les dysfonctionnements sociétaux bien en face et de les régler au bon niveau de responsabilité. C'est révoltant, mais ... ça passe.


On dit souvent qu'il faut choisir ses combats et que choisir, c'est renoncer. C'est mal barré. Je ne peux renoncer ni aux droits des enfants, ni à ceux des femmes, ni au climat, ni à la biodoversité, ni au droit international, ni à la sécurité sociale, ni aux libertés fondamentales, ni au monde que je laisserai à mes enfants ...


Force est de constater que j'ai besoin d'évasion, de reliance, de beauté, d'inspiration...


Thérapie systémique

Comme beaucoup, j'écoute des podcasts, des récents et de plus anciens aussi, quand la chaîne lit automatiquement l'épisode suivant. Entre deux écoutes, je suis aussi entre deux époques, celle des possibles et celle d'aujourd'hui où je me demande bien ce qui pourra sortir de lumineux de cette gestation dans le noir. Ca part un peu dans tous les sens, je l'avoue, et c'est même parfois carrément perché, mais ça me fait du bien.


Pourquoi? Parce que les personnes qui proposent du contenu ou qui en interviewent d'autres, parlent toutes d'une même chose qui me parle bien à moi : - un sursaut de l'âme ou du vrai soi. Et ça, ce n'est pas rien, c'est même essentiel.


Il est toujours question d'un éveil qui surgit selon une même séquence d'événements: une vie d'automate dont le constat n'est au départ pas conscientisé - et dans laquelle on a le sentiment de devoir tenir le coup parce que ... "on le doit", "la vie est dure", "on doit payer les factures", "on ne s'amuse pas au travail", "la vie, ce n'est pas le monde des bisounours" - suivie d'un événement déclencheur qui sera celui de trop : burnout, divorce, deuil, expérience de mort imminente, rencontre mystique, harcèlement au travail, nuit noir de l'âme, maladie, choc sentimental - et enfin, l'autorisation de faire autre chose et de vivre autrement avec une proposition d'accompagnement tirée de la transmutation vécue.


Je me demande alors où en sont aujourd'hui toutes ces personnes et leurs propositions?


Se maintiennent-elles? Ont-elles dû retourner en tout ou partie à la "normale", alors qu'elle avaient l'élan d'accompagner, de soutenir, d'aider, de soigner?


Vivent-elle de leur passion? Peuvent-elles oeuvrer à partir de leur mission de vie qui vient des tripes? Je n'en ai aucune idée.


Mais si le seul lieu d'expérimentation alternative est celui de la thérapie, du coaching et éventuellement de la formation, est-ce à dire pour autant que nous devrions tous devenir thérapeutes dès lors que l'on souhaiterait proposer quelque chose qui nous semblerait un peu plus vrai?


A mon sens, si tout le monde ne s'épanouira pas nécessaiement en tant que thérapeute, j'ai la conviction en revanche que chacun et chacune d'entre nous serait plus heureux-se dès lors qu'il ou elle aura la possibilité de s'exprimer pleinement à partir de son authenticité et ceci me semble d'autant plus juste que beaucoup d'entre-nous ont déjà bien cheminé.


C'est d'ailleurs en ce sens aussi que nous avions reformulé notre proposition avec les Bienveilleuses en un laboratoire systémique, un lieu partage, d'expérimentation et de co-construction.


Thérapie systémique

Que faire alors de nos épiphanies et de nos visions renouvelées si on ne devient pas thérapeute?


Peut-être simplement commencer par les incarner dans notre vie de tous les jours en famille, au sein de son couple, au travail même, pas forcément en y brûlant de la sauge ni en récitant des mantras (quoique...), mais sur le fond en s'autorisant à être vraiment soi, poser des limites saines, questionner les non-dits, relever et refuser l'absence de justesse, ou tout ce que votre coeur vous dictera dans le respect de chacun.


Car exception faite de ce qui pourrait se révéler être du charlatanisme et des manipulations de personnes en détresse, chaque accompagnant et quel que soit son bagage et sa proposition, tend à rendre le monde plus apaisé, plus beau en agissant à son échelle.


Et toute action allant dans ce sens est non seulement courageuse, mais elle permet également de générer de la reliance entre les êtres, de ressentir une certaine unité et de mettre davantage de psyché dans le logos.


Le monde d'aujourd'hui a besoin de se réinventer et de se rééchanter. Aussi et je ne peux que rendre hommage à celles et ceux qui cherchent et qui osent.


Et moi je continue sur le chemin du questionnement et de l'accompagnement systémique.



Diana Van Oudenhoven



Si les mots de cet article résonnent avec vous, n'hésitez pas à le partager ou à me contacter.


Si vous souhaitez pratiquer de la systémique en petit groupe et de manière tout à fait accessible, voire sur une base régulière, je vous invite à découvrir ma propostion de travail en cohorte systémique. Mon élan consiste à ouvrir cet espace pour que la systémique ne soit plus de l'ordre de l'exceptionnel, mais comme le clin-d'oeil d'une amie de longue date qui nous fait sourire quand on capte ce qu'elle nous souffle. Ma conviction étant qu'en équilibrant nos postures et nos systèmes, on pacifie le monde qui nous entoure et on en réduit la violence.


Cohorte systémique - constellations avec les chevaux
La date et l'heure sont à définirOverijse
S'inscrire




©2026 par Diana Van Oudenhoven, Where the Magic Happens. Créé avec Wix.com

bottom of page